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Le secrétaire général de l'OSCE admet que les négociations concernant le règlement du conflit dans le Donbass sont dans l'impasse

Echec des accords de Minsk

Depuis longtemps, les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) et la Russie ont dénoncé le fait que les accords de Minsk et les négociations visant à leur mise en œuvre sont totalement dans l'impasse.

Ce triste constat vient aussi d'être fait par le secrétaire général de l'OSCE, Thomas Greminger, lors du Forum sur la Sécurité de Varsovie, qui a eu lieu les 8 et 9 novembre. D'après lui, les efforts du Groupe de Contact pour résoudre la situation dans le Donbass ne mènent nulle part, et le risque d'une reprise à grande échelle des hostilités est toujours très élevé.

« Nous sommes dans une impasse totale concernant le processus de négociation pour résoudre la situation dans le Donbass, » a ainsi déclaré Greminger, cité par Ukrinform.

D'après le secrétaire général de l'OSCE, le Groupe de Contact essaye de se mettre d'accord sur la mise en œuvre des accords de paix, mais faute de signal politique fort de la part du Format Normandie, des négociateurs et des observateurs de l'OSCE, « la marge de manœuvre est limitée ».

Et c'est bien là tout le problème, qui est dénoncé depuis longtemps par la RPD et la RPL : le manque de volonté politique évident de la part de Kiev pour appliquer les accords de Minsk, et l'inaction des deux garants des accords de Minsk qui sont censés faire pression sur l'Ukraine pour qu'elle applique les accords, à savoir la France et l'Allemagne. C'est ce sabotage des négociations par Kiev qui aboutit à l'impasse dans laquelle le Groupe de Contact se trouve aujourd'hui.

Greminger a aussi attiré l'attention sur le fait qu'il y avait eu récemment des discussions concernant le déploiement dans le Donbass d'une mission de maintien de la paix de l'ONU. Mais pour le secrétaire général de l'OSCE, cela pourrait détourner l'attention du sujet principal de ce Groupe de Contact, à savoir la mise en œuvre des accords de Minsk.

Or, c'est exactement ce qui se passe avec ce projet de résolution sur l'envoi de casques bleus dans le Donbass. Kiev veut les utiliser d'une manière absolument non-conforme aux accords de Minsk, et les transformer en force d'invasion, pour reprendre le contrôle de la RPD et de la RPL, sans passer par la case « application du volet politique » des accords de Minsk.

La mission des casques bleus telle que l'envisage Kiev revient à enterrer définitivement et officiellement les accords de Minsk.

Greminger a aussi souligné le manque de progrès concernant les points liés à la sécurité sur la ligne de contact dans le Donbass. Il a ainsi confirmé, ce que la RPD et la RPL disent depuis longtemps, à savoir qu'après l'annonce d'une nouvelle trêve, le régime de cessez-le-feu ne tient que pour un court laps de temps, puis les bombardements s'intensifient de nouveau.

« Il y a beaucoup d'armes lourdes sur la ligne de contact, donc il y a un grand risque d'une reprise à grande échelle des hostilités, » a souligné Greminger.

Cette prédiction, rejoint une autre déclaration similaire qu'Alexander Hug avait faite récemment sur le risque d'une reprise des hostilités à grande échelle dans le Donbass.

« Toutes ces violations ne sont rien d'autre qu'un conflit qui couve, et personne ne sait à quel stade [du conflit] nous en sommes maintenant. Nous ne pouvons pas ignorer les faits et espérer que la situation restera la même. L'augmentation progressive du nombre de violations couplée à la présence d'armes prohibées, et le déploiement rapproché des forces et des installations sont une sonnette d'alarme, dont nous devons sérieusement tenir compte, » a ainsi déclaré Hug lors d'une réunion à Kiev.

Les sonnettes d'alarme commencent à retentir du côté de l'OSCE, mais il semble que personne à part la Russie ne soit prêt à les écouter.

Christelle Néant

DONI actus

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