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Mikhomaïdan - Quand le Maïdan 3.0 s'annonce encore plus radical et néo-nazi que le précédent

Groupes néo-nazis à Kiev devant la Rada

Après la révolution Orange en 2004, le Maïdan en 2014, voici le Mikhomaïdan de 2017 : un mélange d'ancien président géorgien apatride, d'ex-égérie des révolutions précédentes, de députés radicaux, et surtout une bonne dose d'ultra-nationalistes radicaux, pour ne pas dire des néo-nazis.

D'où vient ce nom « populaire » de Mikhomaïdan ? Eh bien tout simplement de la fusion entre le début du prénom de la figure de proue de ce nouveau coup d'État (Mikheil Saakachvili) et le nom de la révolution précédente : Maïdan. En clair c'est le Maïdan de Mikheil, le Mikho-Maïdan.

Mais ce cher Saakachvili n'est pas seul, les membres du bataillon Donbass sont aussi là, clairement identifiables à leurs casquettes portant le logo du bataillon spécial (financé par Igor Kolomoïsky), lorsqu'ils protègent les manifestants contre la police pendant l'installation des tentes, comme on peut le voir sur la vidéo de RT :


Après l'avoir aidé à franchir la frontière ukrainienne illégalement, et l'avoir protégé de toute mesure répressive de la part de Porochenko une fois sur le territoire ukrainien, les membres de ce bataillon sont donc à la fois le service de protection/sécurité et l'un des piliers de ce nouveau Maïdan. Et donc celui qui les finance (Igor Kolomoïsky) aussi.

Mais ils ne sont pas les seuls « radicaux ». Comme l'indique le journal ukrainien en ligne Strana.ua, il semble que des membres de Secteur Droit (Pravyi Sektor) soient aussi sur place (sans chevrons de leur unité à la demande de leur commandement), et ont reçu l'ordre de prendre d'assaut la Rada si les exigences de ce nouveau Maïdan ne sont pas satisfaites.

Ils ont déclaré au journaliste de Strana présent sur place, qu'Avakov (le ministre de l'Intérieur) veut nettoyer la place devant la Rada et que 400 « casseurs » attendent dans l'hôtel Kiev pour s'en prendre aux manifestants, qui étaient environ 700 aujourd'hui devant la Rada.

À ces combattants, il faut y rajouter un certain nombre de députés et de partis tous d'extrême-droite pour ne pas dire néo-nazis, comme Semen Sementchenko (qui est aussi le commandant du bataillon Donbass), Nadia Savtchenko, le parti Svoboda, et le parti UNSO (qui est un parti fondé par le fils de Roman Choukhevytch, collaborateur actif des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale).

Le drapeau de ce parti néo-nazi est même clairement visible parmi les manifestants ou dans le camp de tentes.

Drapeau de l'UNSO

Devant le risque que représentent ces forces radicales, Porochenko, plus malin que beaucoup ne le pensent, a donc décidé de soumettre à la Rada une loi sur la levée de l'immunité parlementaire et une sur le système électoral (qui doit être discutée lors de la session de ce soir), afin d'apaiser la vindicte populaire et dégonfler les arguments de ses opposants.

Mais histoire de ne pas se saborder totalement avec ces lois, Porochenko a assorti sa proposition de loi sur la levée de l'immunité des députés d'une mise en application seulement à partir de 2020, et malgré un premier vote positif de ce projet à la Rada, le texte, ainsi qu'une version modifiée proposée par les députés, avec une date d'application dès 2018, ont été envoyés à la Cour Constitutionnelle pour revue.

Ce n'est que si la Cour Constitutionnelle estime que ces projets de loi ne violent pas la constitution ukrainienne, que ces derniers pourront être pleinement votés ou non par la Rada. En clair, Porochenko va essayer de se défausser, en poussant certainement la Cour Constitutionnelle à déclarer ces propositions de lois comme anticonstitutionnelles, et il pourra ensuite dire que ce n'est pas de sa faute si ces lois n'ont pas été votées. Une ruse qui n'est pas du goût des manifestants.

Certains soldats du bataillon Donbass présents sur place ont clairement indiqué attendre les ordres de leur commandant pour décider quoi faire devant cette astuce de procédure.

« Attendons de voir ce que va décider le commandant du bataillon qui est ici. S'il dit marchons sur le Parlement - allons-y. Sementchenko a dit juste : si vous n'y allez pas maintenant, plus tard nous ne seront plus rassemblés, » a ainsi déclaré Rouslan, un soldat de l'OAT au correspondant de Strana.

D'autres, comme un certain Ioura, activiste du Mikhomaïdan, disent plus honnêtement, que peu importe ce que la Rada va voter, les jours du gouvernement ukrainien actuel sont comptés, et qu'ils vont bientôt devoir partir. Il prédit aussi que s'ils essayent de nettoyer la place, comme semble l'envisager Avakov, alors ce ne seront plus 700 personnes, mais 300 fois plus (soit 210 000) qu'il y a aura en face de la Rada.

Tout cela prouve bien que les revendications portées par Saakachvili ne sont qu'un paravent pour justifier ce nouveau coup d'État. Les méthodes sont les mêmes que pour le Maïdan précédent, et les radicaux impliqués dès le début du mouvement cette fois. Ces derniers sont d'ailleurs déjà armés de barres métalliques, et de boucliers anti-émeutes qu'ils ont volé à la Garde Nationale.

En fin d'après-midi, la situation semblait tendue, beaucoup de gens se seraient rassemblés devant l'hôtel Kiev en traitant le gouvernement ukrainien de « gouvernement criminel » et en exigeant le départ des députés. Un certain nombre de manifestants avaient aussi mis des masques pour se protéger d'éventuels jets de gaz lacrymogène, bien que beaucoup semblent penser que la Garde Nationale ne va pas trop sévèrement réprimer la manifestation, par solidarité avec eux.

Au milieu de ce chaos qui s'installe à Kiev, l'annonce de l'arrestation à l'aéroport d'un député ukrainien, Borislav Rosenblatt, qui s'apprêtait à s'envoler pour Cologne avec de l'or et des diamants, alors qu'il était déjà soupçonné de participer au trafic illégal de l'ambre, et portait un bracelet électronique, est un bon indicateur de la peur que la situation actuelle inspire à certains politiciens ukrainiens.

Et ce Maïdan 3.0 ne fait que commencer…

Christelle Néant

DONI actus

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