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Lilia, 24 ans, une jambe arrachée, elle sauve son petit garçon

Elle n’a que 24 ans et c’est en claudiquant avec des béquilles qu’elle arrivait dans nos bureaux la semaine dernière. Elle s’appelle Lilia, elle était caissière dans un magasin et n’avait jamais quitté sa ville natale, Donetsk. Elle n’avait pas cru à la guerre, elle n’avait pas voulu rompre et n’a pas rompu avec ses amis dans l’Ouest de l’Ukraine. C’est calmement qu’elle m’expose son histoire, celle d’une jeune femme comme il en existe partout dans le monde. Sa sœur aînée vit à Rostov, elle-même réside avec son petit garçon qui n’a pas encore deux ans avec sa mère près du front non loin de Mariinka, l’un des coins les plus chauds du Donbass. Le 22 janvier 2015, un obus ukrainien frappait de plein fouet son trolleybus. Son petit garçon n’avait que 11 mois, il ne pleure ni ne crie durant toute la tragédie. Lilia avait eu le réflexe de se coucher sur lui pour le protéger de son corps, l’instinct maternel. De fait, Kirill ne fut pas blessé. Mais lorsqu’elle veut se relever c’est impossible… il lui manque à la jambe gauche « un os sur cinquante centimètres ».

https://youtu.be/LyrGCbWULRg

Les passants viennent à son secours, il y a des cadavres partout, ce sont des civils, il n’y avait aucun objectif militaire dans le secteur. Elle ne perdra pas connaissance malgré l’abondance de sang perdu. Elle est emmenée d’urgence à l’hôpital où elle subira l’amputation de ce qui restait de sa jambe gauche et restera sous la surveillance des médecins pendant trois semaines. C’est grâce à la médiatisation de ce drame par Graham Philips, que son histoire émeut, essentiellement en Russie mais aussi dans le monde anglophone. Les gens se mobilisent, les donateurs rassembleront assez d’argent pour payer sa future prothèse qu’elle attend avec impatience. Elle a été plusieurs fois en Russie à Moscou en consultation avec un spécialiste pour définir « sa nouvelle jambe » comme elle le dit elle-même. « Plus tard je veux retourner au travail, peut-être faire autre chose, par exemple aider les gens comme le fait Elena (une humanitaire russe qui s’occupe d’elle ».

La tranquillité qui se dégage de la jeune femme m’impressionnera durant toute l’interview. Aucune émotion négative ne ressort de l’entretien, elle raconte son histoire calmement, d’un ton uniforme, donnant les informations précises sans s’émouvoir. Elle semble presque gênée d’être là et ne se libérera d’une sorte de défensive que lorsque nous prendrons un café après notre longue conversation. Sa dignité a été grande dans les réponses, ces dernières sont emplies d’humanité. Elles font la différence entre le peuple d’Ukraine et le gouvernement, précisant que beaucoup de bonnes gens se trouvent dans ce pays ainsi que des amis d’enfance. Pour ne pas se fâcher définitivement avec eux, ils ont décidé de mettre de côté le sujet de la guerre dans le Donbass « mais c’est dur » répond-elle. Elle termine son discours par l’opinion que pour le Donbass le mieux serait que cela devienne une partie de la Russie. Elle vit toujours dans le même quartier de Donetsk proche de Mariinka… un endroit toujours bombardé et dangereux avec son petit garçon. A tout moment, malgré les paroles légères des grands politiciens du jeu international, elle peut y laisser sa vie, celle de son fils, un proche… ou une autre jambe.

Ce sont les largesses de l’Union européenne (de la France !), des USA, du FMI, les vieux stocks des pays de l’ancien Pacte de Varsovie donnés en cadeau à l’Ukraine de Porochenko qui ont permis de tuer des milliers de civils dans le Donbass et d’en blesser des dizaines de milliers, comme c’est le cas de Lilia. Pour l’aider ainsi que des centaines d’autres, le groupe Doni est en train de mettre en place avec ses partenaires un réseau humanitaire officiel qui sera implanté en Russie (SaveDonbassPeople). A l’approche de l’hiver qui s’est déjà invité à Donetsk (-3 °C cette nuit), de nombreux civils restent dans des situations de vie extrêmement précaires et si l’aide humanitaire russe pallie à beaucoup de choses, elle n’est pas suffisante. La France comme de nombreux pays européens a préféré lancer des appels aux dons pour une « aide humanitaire à l’Armée ukrainienne » http://www.liberation.fr/monde/2015/01/30/de-donetsk-a-kiev-donnez-pour-l-armee-ukrainienne_1192447 comme dans cet ignoble article de Paul Gogo pour le journal Libération. La vie des gens du Donbass, comme celle des Tchèques en 1938 et 1939 ne compte pour rien tant que les caves du palais de l’Elysée sont pleines… et que les piges sont grasses !

à la une de DONi

Comments: 7 Comments

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Comments

  • Comment by BLAGOUTINE Cécile on 10 Oct 2015

    L'interview d'une victime des bombardements du régime de Kiev.

  • Comment by Michel on 10 Oct 2015

    Satan est à l'œuvre ! Saint Georges ! S'il te plait, n'oublie pas ta lance ! Amen Michel !

  • Comment by hagnere on 11 Oct 2015

    bonjour comment faire pour aidee sais personne en etant francais

  • Comment by Youri Odessa on 12 Oct 2015

    Save the people of Donbass from "ukrainian" army

  • Comment by Hanna on 13 Oct 2015

    Please, stop sponsoring Ukrainian government - it kills people of Donbass

  • Comment by Pavel from KIev on 14 Oct 2015

    This is very thru article. Thank you for that. Western journalists (most of them) engulf by lie on Donbass. Craze kiev regime killed and kill innocent people at Donbass. Please show this thru!

  • Comment by Aleksandr on 14 Oct 2015

    Je Suisse Russe. Je vous conseille de ne pas croire a la tele ukrainienne. Tous, ils sont des menteurs. Depuit les 23 ans de l' existense ukraînienne ils essaient de separer les ukraïniens de russes. J' ai deux soeurs dedant. Meme eux sont convaiqu en regardant la tele d'Ukraine, que c'est Putine a organise la guerre contre le peuple. En plus la majorité des russes est embettée que beaucoup de ukraïniens croient aux tout ce que leur racontent les medias. Je ne suis pas le trolle, si vous ne me croiez pas, Je peux vous envoier toux les confirmations.

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