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Effacement et réécriture de l'histoire de l'Ukraine - La junte de Kiev mène le pays à la destruction territoriale et morale

J'ai dit plusieurs fois au cours des derniers mois, que la politique de décommunisation, lancée par les autorités ukrainiennes post-Maïdan, poussée jusqu'au bout de sa logique suicidaire, provoquerait la dissolution pure et simple du pays.

Et bien on y est arrivés. Après s'être tiré une balle dans chaque pied avec son attitude belliqueuse envers toute revendication en Crimée et dans le Donbass, puis le blocus de ces régions, cette fois l'Ukraine semble bien décidée à se tirer directement une balle dans la tête.

Le soi-disant conseil des ministres ukrainiens n'a en effet rien trouvé de mieux à faire que d'élaborer un projet de loi visant à abolir graduellement TOUTES les lois et TOUS les actes des autorités d'état de l'URSS et de la République Socialiste Soviétique (RSS) d'Ukraine. Vous la sentez venir la catastrophe ?

Je sais bien qu'en Ukraine la mode actuelle est à la réécriture de l'histoire, mais malheureusement les faits sont têtus. Et cette loi va se confronter à quelques réalités tout ce qu'il y a de plus tangibles historiquement. Car l'Ukraine en tant qu'état, tel qu'il était jusqu'au Maïdan et ce qui en a découlé, n'existait QUE et uniquement QUE grâce aux actes et lois de l'URSS et de la RSS d'Ukraine, et de l'héritage qui en découle.

Tout d'abord d'un point de vue territorial. Si cette loi est appliquée alors tous les actes et lois qui ont raccroché des territoires à la RSS d'Ukraine sont nuls et non avenus.

Et donc l'Ukraine actuelle n'a plus aucune légitimité pour revendiquer ces territoires, à savoir entre autre la Crimée, la zone de la république de Donetsk-Krivoï Rog (qui couvre entre autres les actuelles Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk, ainsi que la région autour de Kharkov, l'oblast de Kherson et celui de Zaporojié), la République d'Odessa (qui couvre l'oblast d'Odessa et celui de Mykolaiev), la Transcarpatie, la Galicie et d'autres territoires de l'Ouest du pays.

En clair ce qui resterait du pays c'est les zones jaune et orange de cette carte :

Territoires annexés par l'Ukraine

Ben oui, si on annule tous les actes de l'URSS cela inclut la décision de Lénine de donner à l'Ukraine la Nouvelle Russie (en liquidant la République de Donetsk-Krivoï Rog et celle d'Odessa pour rattacher ces territoires légalement à la RSS d'Ukraine), la décision de Staline de donner la Galicie et d'autres territoires de l'Ouest à l'Ukraine après la victoire de 1945, et celle de Kroutchev de donner la Crimée à l'Ukraine en 1954.

Une bonne partie de la Nouvelle Russie, tout comme la Crimée seraient donc libérées légalement de toute revendication territoriale des autorités ukrainiennes, grâce à la folie anti-communiste des autorités ukrainiennes.

L'autre point des plus comiques, est que l'Ukraine détient actuellement un siège à l'ONU grâce au fait qu'elle a hérité de celui de la RSS d'Ukraine. Donc si elle rejette cet héritage elle perd aussi son siège à l'ONU, en plus d'une bonne partie de son territoire…

Hélie de Saint Marc a dit : « Un pays sans histoire ne serait pas un pays sans malheurs, mais un pays sans valeurs ». Et c'est bien ce qui ressort de l'interview qu'Alexandre Tourtchinov a accordé à la BBC : l'Ukraine est devenue un pays sans valeurs et sans morale.

De cette interview fleuve de sept pages de celui qui fut le soi-disant président par intérim de l'Ukraine après le renversement de Ianoukovytch, je retiens quelques morceaux choisis qui en disent long sur la moralité du pays post-Maïdan.

Commentant le déclenchement de la guerre dans le Donbass (la fameuse « opération anti-terroriste »), Tourtchinov donne dans cette interview de quoi le faire condamner devant un tribunal pénal international. Car il a beau essayer de se dédouaner en parlant d'invasion russe et de militaires envoyés par la Russie, pour qualifier les civils du Donbass qui ont pris d'assaut les bâtiments administratifs, les faits sont têtus encore une fois.

Voilà ce qu'il déclare à ce sujet et au sujet des ordres qu'il a donné à l'époque (mes commentaires sur certains points clés sont après chaque paragraphe) :

« Dans les régions orientales sont venus plein de garçons et d'hommes dans des bus des associations cosaques et des organisations sportives, qui étaient en fait des agents des autorités russes. »

À ce stade de délire psychotique il faut appeler un psy de toute urgence, parce que prendre des membres d'associations sportives pour des agents de Poutine faut en tenir une bonne couche.

« Ils ont pris les points frontières, et ouvert un passage incontrôlable pour tout le monde. J'ai donné aux gardes l'ordre de tirer et de défendre la frontière, et ils ont répondu qu'ils ne pouvaient pas tirer sur des civils. »

Malgré ses excuses foireuses, les soldats sur place ont bien vu que ces soi-disant agents de Poutine étaient de simples civils et ont refusé d'appliquer un ordre inhumain.

« Et là, le 6 avril, ces « civils » ont simultanément attaqué les bâtiments des administrations régionales à Kharkov et Donetsk, et ont pris celui du SBU dans la région de Lougansk »

Pour avoir interviewé l'une de ces civils, Katya, qui est actuellement journaliste chez News Front, je peux confirmer que ceux qui ont pris les bâtiments à Donetsk étaient tout sauf des militaires russes ou des agents du FSB, mais bien des civils du Donbass.

« Et à Lougansk, le SBU leur a en fait donné sans combattre la totalité de notre arsenal - non seulement les armes de services, mais aussi des armes qui étaient stockées là en cas de besoin pour des actions spéciales : explosifs, mitrailleuses lourdes, lance-grenades. »

Ce point est intéressant, car il confirme l'origine des armes que les citoyens du Donbass qui se sont soulevés ont utilisés pour se défendre. Cela contredit totalement les histoires farfelues d'armement par la Russie.

« À Kharkov, nous avons pu reprendre l'administration par les armes. À Donetsk et Lougansk, on m'a répondu que c'était impossible, qu'il y aurait des victimes parmi la population locale, que l'on devrait mener des négociations. J'ai insisté pour qu'il y ait un assaut, mais il ne s'est pas produit. »

Il dit encore une fois que malgré l'information que l'application d'un tel ordre ferait des victimes parmi des civils, c'est-à-dire contre leur propre, population, il a insisté pour qu'un assaut armé soit mené à Donetsk et Lougansk (il a insisté pour commettre un crime contre l'humanité donc). Si ses soldats n'avaient pas refusé d'appliquer cet ordre, on aurait eu droit à des scènes semblables à celles qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai 2014. Un bain de sang parmi les civils.

Cette réticence de l'armée et le fait que c'était bien des civils qui se sont révoltés est confirmé par un autre passage un peu plus loin dans l'interview :

« Lorsque j'ai commencé l'opération anti-terroriste, le problème principal était d'amener les soldats ukrainiens à se battre. Les forces armées avaient peur de tirer. […] À Kramatorsk, on a eu une situation où la foule de civils a capturé à mains nues plusieurs véhicules de transports de troupes blindés de la brigade aéroportée. C'était un choc. Personne n'était prêt à combattre. Ils devaient franchir une barrière psychologique. »

En clair il fallait faire de ses soldats des monstres, capables de tirer sur des civils désarmés. Voilà qui en dit long sur les valeurs et la morale de ce soi-disant ex-président par intérim de l'Ukraine, et celles qu'il entendait imprimer à l'armée et au pays. Alors pour franchir cette barrière psychologique, il n'a eu d'autre choix selon ses dires que d'utiliser les fameux bataillons spéciaux (les bataillons nazis, qui n'auraient aucun état d'âme à tirer sur des civils désarmés).

« Dans cette situation, je n'ai eu d'autre choix que de me tourner vers les patriotes en appelant à former des bataillons de volontaires. Ils n'avaient pas de telles barrières : peut - ne peut pas, ils prenaient la mitrailleuse et allaient se battre. »

À ce stade de l'interview, le journaliste de la BBC essaye de sauver sa réputation de journaliste (parce que jusqu'ici il ne critique pas sérieusement les paroles de Tourtchinov, il met tout juste quelques notes de commentaires dans l'interview écrite pour dire que la Russie a contesté tel ou tel point) en posant une question qui fâche concernant le contrôle de la diffusion des armes à ces bataillons spéciaux eut égard à la condamnation récente de huit membres du bataillon Tornado. La réponse de Tourtchinov vaut son pesant d'or :

« Je me souviens d'une réunion sur le front avec les volontaires où un homme, couvert de tatouages, a dit, « Chef, et il y aura ou pas une amnistie ? Nous avons des gars ici que çà intéresserait ». Je demandais pour quoi les gars ? « Et bien, il y a… meurtre, vol ». Oui, il y en avait. Mais c'était rare, des cas individuels. Je me souviens quand j'ai ouvert les dépôts d'armes pour les donner à ces bataillons, les officiers refusaient de le faire. On me demandait : « Alexandre V., et qui sera responsable? » J'ai répondu « J'en répondrai », et j'ai personnellement signé les ordres de sortie des armes. […] Effectivement, nous n'avons vérifié personne. N'importe qui - poursuivi ou condamné - qui a déclaré qu'il était prêt à défendre le pays, j'ai signé, il a obtenu une arme et est allé à l'Est. »

Voilà quel genre de tarés ont été envoyés sur le front du Donbass par les autorités ukrainiennes illégitimes issues du Maïdan… Des nazis et des criminels, pour qui tirer sur des civils innocents ne poserait pas de problèmes de conscience. Ce que Tourtchinov a fait s'appelle crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Et il a lui-même revendiqué la responsabilité de ces crimes dans cette interview. Je pense qu'il sera bon de la montrer de nouveau à ce monsieur le jour où il se retrouvera sur le banc des accusés du tribunal pénal international pour la guerre du Donbass.

Et concernant la façon dont ce conflit se terminera et ce qu'il en est des accords de Minsk, que les autorités ukrainiennes actuelles ont signé, il a aussi tenu à préciser ce qu'il en est :

« Nous n'avons pas d'autre alternative que de gagner. L'année dernière a été la première année ou nous n'avons pas cédé un mètre de terrain, et même le contraire - nous avons gagné des dizaines de kilomètres. Par conséquent, je crois que notre devoir est, mètre après mètre, kilomètre après kilomètre, tout en minimisant les pertes, d'avancer vers l'Est. L'essentiel étant de ne pas franchir la frontière [russe] (rires). »

Quelqu'un a-t-il besoin d'une explication de texte pour comprendre que les autorités ukrainiennes s'assoient joyeusement sur les accords de Minsk, et ont bien l'intention de reprendre militairement le Donbass en violation de ces accords qu'elles ont signés et qui ont été entérinés par une résolution de l'ONU ?

Sans parler de l'aveu clair du fait que la zone grise, qui était censée rester démilitarisée d'après ces mêmes accords, a été violée par l'armée ukrainienne. Parce que c'est çà qu'il appelle des victoires militaires qui leur ont permis de gagner du terrain : vaincre des chèvres, des poules, et des civils, vu que l'armée des la RPD et celle de la RPL s'étaient retirées de cette zone, respectant ainsi les accords de Minsk.

Je rappelle aussi que l'OSCE n'a jamais protesté face à cette violation flagrante de Minsk-2, alors qu'elle était garante du fait que cette zone resterait totalement démilitarisée.

Quand à sa tentative foireuse de faire de l'humour concernant la frontière russe à ne pas franchir, il ferait surtout mieux de faire attention à la ligne rouge que l'Ukraine ferait bien de ne pas franchir, si elle ne veut pas voir son armée subir un deuxième Debaltsevo, ou s'enfuir en courant, les jambes à son cou, vers l'Ouest, ou tout du moins, vers ce qui restera du pays après l'application de la dernière loi débile que ses autorités ont pondu…

Christelle Néant

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Comments: 2 Comments

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Comments

  • Comment by gobert christophe on 16 Apr 2017

    à les cons ,mais qu'est qu'ils sont cons, y sont humains?
    à FORCE de trop vouloir on fini qu'on a plus rien

  • Comment by mich elm on 17 Apr 2017

    Quel boulot de journaliste bon sang !

    Merci pour ces nouvelles d'Ukraine, toujours aussi désastreuses.

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