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Lougansk promet aux victimes de l'armée ukrainienne : « Nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas ! »

En cette fin septembre, à la veille des primaires en République Populaire de Lougansk (RPL), nous venons, sur invitation de l'union des syndicats de la RPL, visiter différents lieux marquants de la guerre actuelle, mais aussi de la précédente qu'a connue la région : la Seconde Guerre Mondiale.

La visite débute par une fosse commune de la guerre actuelle, où environ 500 personnes ont été enterrées là à la fin du mois d'août 2014, faute de pouvoir accéder aux cimetières qui se trouvaient juste à côté de la ligne de front.

À cette époque, la ville de Lougansk est constamment bombardée, privée d'eau et d'électricité. Le nombre de morts est énorme, aussi bien parmi les civils (dont beaucoup de personnes âgées qui n'arrivaient pas rejoindre rapidement les abris lors des bombardements), que parmi les soldats. Les autorités doivent les enterrer rapidement, alors comme en République Populaire de Donetsk (RPD) à la même époque, on creuse des fosses communes, et on enterre les gens comme on peut.

Les premiers ont droit à des cercueils, mais très vite il est impossible de s'en procurer, et les suivants seront donc enterrés dans des sacs mortuaires, ou empaquetés dans d'autres matériaux, comme en RPD, où les soldats exhumés au mois de juillet étaient enterrés dans des couvertures de survie. À la fin, il ne reste plus rien pour enterrer les derniers. Notre guide nous précisera même que quelques soldats ukrainiens ont aussi été enterrés là après que leurs corps, ou des parties de ceux-ci, aient été trouvés par les soldats de la RPL dans ce qui restait de l'aéroport de Lougansk.

Je me mets à la place de ceux qui ont dû enterrer les gens dans ces conditions terribles, sans même avoir de quoi identifier la plupart des personnes qu'ils enterraient. Même encore aujourd'hui, sur les 500 personnes enterrées là, moins d'une centaine sont identifiées et ont un nom affiché sur le monument temporaire qui vient tout juste d'être installé. Des centaines de familles cherchent les tombes de leurs proches qui sont enterrés ici.

Depuis 2014, une organisation s'est créée afin non seulement de créer des mémoriaux sur ces fosses communes de la guerre actuelle, mais aussi de réparer ceux de la Seconde Guerre Mondiale, qui avaient été laissés à l'abandon par l'Ukraine. Le nom de cette organisation est sans équivoque et sonne comme une promesse envers les victimes de l'armée ukrainienne, mais aussi celles de l'armée allemande nazie : « Nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas ».

C'est ce slogan qui est affiché sur le mémorial temporaire qui se trouve désormais sur cette fosse commune, en attendant le monument définitif qui permettra aux familles des victimes de venir se recueillir et d'assurer le devoir de mémoire, afin que ce qui a eu lieu ici ne se reproduise plus jamais.

Car l'Ukraine, à force de vouloir oublier sa véritable histoire pour s'en créer une de toute pièces, glorifiant et décernant le titre de « Héros de l'Ukraine » à des criminels de guerre comme Stepan Bandera (collaborateur plus qu'actif de l'Allemagne nazie en Ukraine), a fini par reproduire ce qui s'est passé il y a 74 ans, en attaquant et en massacrant sa population russophone.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », a dit Churchill. L'Ukraine en est la parfaite illustration. Alors pour que toutes ces horreurs ne soient jamais oubliées, cette organisation fondée en 2014 a aussi décidé de réhabiliter les mémoriaux des victimes de la Seconde Guerre Mondiale. Comme celui où nous nous rendons ensuite.

Cette zone était à l'époque une tranchée, prévue initialement pour protéger Lougansk des chars d'assaut allemands qui avançaient vers la ville, mais qui n'a finalement pas servie, l'armée allemande l'ayant contournée après l'avoir détectée.

Mais les Nazis dans leur cynisme ont décidé de s'en servir… autrement. Ils y ont jeté les corps de milliers de leurs victimes locales, qu'elles soit russophones ou juives. Les statistiques officielles parlent de 3000 personnes enterrées là, mais notre guide nous indique que des statistiques non officielles, mais considérées comme plus réalistes, avancent un chiffre de 25 000 personnes. Un chiffre qui fait froid dans le dos.

L'Ukraine n'a pas entretenu ce mémorial, préférant l'oublier, comme toutes les parties de son histoire qui ne l'arrangent pas. Aujourd'hui en mauvais état, il va être réparé et reconstruit par l'organisation locale avec l'aide d'organisations juives qui veulent maintenir le devoir de mémoire dû aux victimes des nazis.

Afin que ce qui s'est produit déjà à deux reprises dans cette région en moins de 80 ans, ne se reproduise plus jamais.

Christelle Néant

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