0

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts - Blocus, autonomie et développement de l'économie locale du Donbass

Depuis plusieurs semaines, des néo-nazis et autres radicaux ukrainiens bloquent les rails qui amènent le charbon du Donbass en Ukraine. Un charbon nécessaire aux centrales thermiques ukrainiennes qui fournissent environ 40 % de l'électricité du pays. Le Donbass fournit en effet à lui seul 37,5 % du charbon qu'utilisent ces centrales.

Le blocus étant total depuis cinq jours, les stocks des centrales ukrainiennes ne couvrent plus désormais que de 14 à 45 jours de consommation, obligeant les autorités ukrainiennes à déclarer l'état d'urgence énergétique, et à envisager des coupures d'électricité tournantes pour faire face à la pénurie.

La situation est tellement catastrophique, que l'UE vient de se réveiller brutalement, et a demandé de faire cesser le blocus commercial du Donbass. Faut-il rire ou pleurer devant le réveil bien tardif des « élites européennes » devant une situation qui perdure en réalité depuis bientôt trois ans, et dont la radicalisation vient juste d'en révéler tout le danger, et pas que pour l'Ukraine ?

Car il ne faut pas s'y tromper. Si l'UE réagit ce n'est pas pour les beaux yeux des Ukrainiens, dont ils se fichent comme d'une guigne. Non, si l'UE réagit c'est que le risque d'effondrement du réseau électrique ukrainien aurait des conséquences terribles pour les pays voisins, qui eux, font partie de l'UE, et se retrouveraient à payer les pots cassés d'une politique russophobe qui confine au débilisme le plus profond.

Face à cette situation, la réponse du chef de la RPD, Alexandre Zakharchenko, ne manque pas de piquant :


Il a tenu à rappeler que le charbon produit dans les deux républiques populaires a toujours un débouché sûr : le marché local. Puisque les deux républiques sont dotées de centrales thermiques à charbon qui leur fournissent l'électricité. Des centrales qui consomment le charbon produit localement.

Devant l'inquiétude des journalistes sur les conséquences de ce blocus, le chef de l'état a tenu à rappeler que la RPD vit déjà en état de blocus depuis deux ans et demi, qu'elle y survit, et que cela ne changera donc rien à la situation actuelle. C'est pour l'Ukraine que les conséquences de cette nouvelle idiotie russophobe seront terribles, et surtout pour le peuple ukrainien, qui va goûter aux joies de maisons encore plus mal chauffées et éclairées que maintenant.

Comme la Russie face aux sanctions qui la frappent depuis la réintégration de la Crimée en son sein, les deux républiques populaires ont utilisé le blocus imposé par Kiev depuis plus de deux ans comme un outil pour développer leur autonomie. Les trois pays ont en commun d'avoir su transformer ce qui aurait pu être un obstacle insurmontable en opportunité de développement économique interne.

C'est grâce à cette stratégie de développement, que l'économie des deux républiques (pourtant en guerre) se redresse (+52 % pour la RPD en 2016 par rapport à 2015), dépassant même dans certains domaines comme l'agriculture, les quantités produites avant guerre. De nouvelles usines ouvrent (24 ont ouvert en 2016) continuellement, entre autre pour couvrir les besoins des deux républiques qui ne le sont pas encore (entre autre en termes de matériaux de construction, de haute technologie, de chimie, etc).

Ainsi, en 2016, les 20 usines chimiques de la RPD fabriquant des produits ménagers ont mis sur le marché 40 nouveaux produits pour le marché local, dont des produits d'hygiène de base comme la lessive, le gel douche, le dentifrice, l'adoucissant etc.

Et cette dynamique se poursuit, avec une coopération toujours plus grande entre le ministère du Développement économique et les entrepreneurs afin de couvrir les besoins locaux qui ne le sont pas encore avec des produits de haute qualité. Le but de cette coopération étroite entre les administrations et les industriels, est de lister tous les besoins encore à couvrir et les opportunités de développement de nouveaux produits, et de nouvelles usines, afin non seulement de remplir, les rayons des magasins locaux, mais aussi, à terme, d'exporter une partie de la production.

Afin d'encourager les gens à consommer local, le ministère de l'Industrie et du commerce a lancé au début du mois de février un logo unique, facile à repérer dans les magasins pour indiquer clairement quels sont les produits qui sont fabriqués en RPD. La RPL avait déjà adopté un système similaire dès l'an passé. Plus les gens consommeront local, meilleur ce sera pour l'économie des deux républiques, mais aussi pour l'environnement.

Car actuellement, beaucoup de produits sont désormais importés depuis la Russie, et doivent parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres pour arriver sur les rayons. Comme je l'avais indiqué dans mon article de juin 2016 sur l'intégration de la permaculture dans le projet de développement des républiques populaires du Donbass, en rejetant la RPD et la RPL hors du système, l'Ukraine les pousse à développer un système alternatif, dont elles pourraient bien devenir les pionnières.

La relocalisation et l'autonomie alimentaire, énergétique et industrielle n'est que le premier pas. Et j'espère que la RPD et la RPL, en partenariat avec la Russie, seront les premiers pays à tracer la voie de ce nouveau modèle sociétal.

Christelle Néant

à la une de DONiSuggested Articles

Comments: No comments yet

Post a comment

View More